Le Syndicat des employé-e-s de la sécurité et de la justice (SESJ) a directement imploré le ministre fédéral de la Sécurité publique, l’honorable Gary Anandasangaree, d’intervenir auprès du Service correctionnel fédéral après avoir appris que la direction souhaitait réaliser des économies en remplaçant le personnel correctionnel rémunéré par de la main-d’œuvre carcérale dans les établissements fédéraux.
Le SESJ a appris que, en réponse à la demande du gouvernement d’effectuer des coupes budgétaires importantes dans les ministères, le Service correctionnel du Canada (SCC) compte mettre en œuvre une mesure mal conçue visant à augmenter l’emploi de détenus dans les établissements correctionnels fédéraux pour remédier aux besoins en personnel.
Dans un extrait d’un message envoyé à tous les sous-directeurs, entre autres, des établissements correctionnels fédéraux de l’Ontario, le SCC a soulevé ce qui suit :
« À mesure que les budgets se resserrent, les régions ont été invitées à examiner des domaines d’amélioration, notamment la hausse de l’emploi des détenus pour les aider à assumer certaines tâches et réduire les ressources en personnel. Cette demande vise à embaucher des détenus au sein de nos établissements pour compenser les besoins en personnel. »
Le SESJ a immédiatement signalé cette situation au siège national du SCC, notamment à la commissaire Anne Kelly. Nous lui avons fait part de nos préoccupations urgentes en matière de santé et de sécurité concernant une telle approche, qui pourrait entraîner une forte dépendance sur la main-d’œuvre carcérale pour certaines activités essentielles au sein des établissements fédéraux.
En 2021, un agent des services alimentaires (ASA) a été victime d’une agression perpétrée par un détenu alors qu’il travaillait dans la cuisine de l’établissement de Stony Mountain, au Manitoba. Ce genre de situation figure parmi les principales préoccupations du SESJ. L’agression a donné lieu à des blessures physiques et psychologiques importantes, à un point tel que l’employé n’a pas pu retourner au travail.
À la suite de cet incident, une enquête indépendante a révélé que le SCC « n’avait pas correctement évalué le lieu de travail pour y déterminer tous les dangers présents et protéger le personnel. »
Le SESJ a toujours demandé qu’un plus grand nombre d’ASA soient affectés aux cuisines pour améliorer l’efficacité et la sécurité des opérations, ce qui nécessite entre autres d’embaucher davantage de personnel à durée indéterminée ou déterminée plutôt que de faire appel à du personnel occasionnel et à la main-d’œuvre carcérale.
En outre, le SESJ a insisté sur la nécessité d’augmenter la présence d’agent-e-s correctionnel-le-s pour veiller à la sécurité du personnel et des détenus dans les cuisines.
Bien que de telles agressions ne soient malheureusement pas rares, elles sont de plus en plus fréquentes. À la fin du mois d’août, un employé a été victime d’une violente agression dans la cuisine de l’établissement de Port-Cartier, au Québec. À la suite de cet incident, il a dû être transporté à l’extérieur pour recevoir des soins médicaux.
L’équipe du SESJ ne restera pas les bras croisés pendant que le SCC cherche à alourdir la charge de travail déjà excessive du personnel des établissements correctionnels et à mettre des couteaux et d’autres armes potentielles entre les mains d’un nombre encore plus élevé de détenus sous responsabilité fédérale.
L’initiative du gouvernement fédéral visant à recentrer les dépenses gouvernementales et l’examen exhaustif des dépenses ne peuvent en aucun cas être menés d’une façon qui entraînerait une hausse des risques sur le lieu de travail et qui compromettrait la sécurité des employé-e-s de la fonction publique fédérale et des détenus résidant dans les établissements fédéraux. Cette mesure ne peut être qualifiée que d’irresponsable, voire d’imprudente.
Lisez la lettre adressée à l’honorable Gary Anandasangaree ici.
