Le 5 février 2026, au milieu du plus grand exercice de réduction des effectifs de la dernière décennie et en pleine négociation collective, le gouvernement fédéral a annoncé son intention d’exiger que tous les employé-e-s de la fonction publique fédérale soient au bureau quatre jours par semaine à partir du 6 juillet 2026.
Au cours des dernières semaines, le SESJ s’est entretenu avec divers responsables ministériels pour discuter des processus de réaménagement des effectifs en cours. Comme dans un scénario bien rodé, on nous répète chaque fois que le bien-être des employés est au premier plan de toutes les décisions prises à ce sujet. Quelques heures à peine avant que les ministères commencent à annoncer les changements à venir dans l’Orientation concernant la présence prescrite au lieu de travail, le SESJ était à la table avec les hauts fonctionnaires des ministères et n’avait reçu aucune indication de ce qui s’annonçait.
Pour comble, les ministères n’ont même pas pris la peine d’inclure le SESJ dans l’annonce faite aux employé-e-s. Plutôt, lorsque les membres ont commencé à se précipiter vers leurs représentant‑e‑s syndicaux pour réclamer des réponses, nous avons dû demander à nos membres de transmettre la nouvelle avec nous.
Lorsqu’une telle annonce est faite dans un contexte de compression importante des ressources humaines, force nous est de supposer qu’il s’agit d’une nouvelle tactique pour forcer les travailleurs canadiens fidèles à quitter leur emploi. À l’instar des concessions acceptées dans le cadre de l’incitatif à la retraite anticipée [voir ici], le SESJ juge cette nouvelle tactique comme un moyen de faire pression sur des personnes dont la réalité ne permet pas de faire l’aller-retour aussi fréquemment pour les amener à quitter leur emploi au sein du gouvernement fédéral sans rémunération ni reconnaissance pour leur dévouement et leur travail acharné.
Tandis que ce gouvernement continue à trouver des moyens de tourner le couteau dans la plaie de nos membres, il continue sans cesse de violer l’esprit, l’intention et le langage clair de nos conventions collectives. Selon la convention collective, ce sont les administrateurs généraux qui déterminent que les services ne sont pas nécessaires avant de prendre une mesure de réaménagement des effectifs. Or, aucun administrateur général crédible dans le domaine de la sécurité publique au Canada ne peut honnêtement dire que les compressions effectuées sont attribuables à des services non nécessaires; ces compressions sont plutôt le fait d’un gouvernement désabusé qui ne tient pas compte des conséquences à long terme d’une initiative d’économie myope.
Pendant que l’AFPC explore toutes les voies possibles pour lutter contre cette nouvelle violation des conditions de travail de nos membres, le SESJ implore chaque personne de reconnaître que votre employeur n’est pas digne d’une main-d’œuvre gratuite. Les membres ne sont tenus de ne travailler que les heures requises; ils n’ont pas, comme beaucoup d’entre vous le font, à travailler jusqu’à ce que le travail soit terminé. Si vos tâches et responsabilités sont telles qu’elles ne peuvent être accomplies dans le cadre de vos heures de travail normales, il incombe à l’employeur de hiérarchiser vos tâches. Nous vous invitons à consulter notre communiqué précédent sur cette question et à demander l’aide du syndicat si, en cette période difficile, votre employeur vous demande d’en faire plus avec moins.
