Journée internationale des travailleurs et des travailleuses 2022 : une loi anti-briseurs de grève pour tous

Le droit de grève est fondamental. À l’occasion de la Journée internationale des travailleurs et des travailleuses, l’AFPC réitère sa demande auprès des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux afin qu’ils protègent le droit à la négociation collective et la sécurité de tous les travailleurs et travailleuses du Canada.

Les briseurs de grève – aussi appelés travailleurs de remplacement – sont des personnes embauchées par les employeurs pour remplacer celles qui sont en grève ou en lockout. Cette manœuvre nuit aux négociations, étire les conflits de travail et divise les communautés, menant parfois à des conséquences tragiques.

L’interdiction du recours aux briseurs de grève est une promesse phare émanant de la récente entente de soutien et de confiance entre le Parti libéral et le NPD, et les syndicats doivent continuer de talonner le gouvernement pour que cette promesse se concrétise.

Une nouvelle loi anti-briseurs de grève profiterait aux travailleuses et travailleurs visés par le Code canadien du travail, mais il faut faire mieux. Aucun employeur ne devrait pouvoir faire appel à des briseurs de grève, et il est capital que nous continuions d’exiger des lois sévères pour empêcher ce stratagème partout.

La loi anti-briseurs de grève fédérale doit devenir une référence

Après des décennies de pressions exercées par les syndicats, le gouvernement libéral a enfin promis, lors de l’élection de 2021, de limiter le recours aux travailleurs et travailleuses de remplacement dans les milieux de travail sous réglementation fédérale durant les lockout. Mais son engagement ne tenait pas compte du fait que presque 85 % des arrêts de travail au fédéral sont des grèves.

L’entente PLC-NPD promet de présenter une loi anti-briseurs de grève d’ici la fin de 2023. L’AFPC fera tout en son pouvoir pour qu’un projet de loi soit présenté dès que possible.

De profondes cicatrices

Le recours aux briseurs de grève a souvent divisé les communautés, dont bon nombre ne se sont jamais remis. La grève de la mine Giant, survenue en 1992 dans les Territoires du Nord-Ouest, en est l’un des exemples les plus funestes. La multinationale BHP Billiton a également usé de cette méthode pour tenter de mettre fin à la grève des membres de l’AFPC-STN à la mine de diamants Ekati en 2006.

Nous avons vu une autre face sombre du recours aux briseurs de grève en 2019. Des travailleurs de remplacement ont été appelés pour saper les efforts de grève de responsables de l’entretien membres de l’AFPC-UEDN travaillant pour GDI Integrated Facility Services (GDI), un entrepreneur privé de la base militaire de Petawawa. L’AFPC a plus tard appris que le ministère de la Défense nationale a encouragé le recours aux briseurs de grève, stipulant dans son contrat avec GDI que si le travail ne pouvait être effectué en raison d’un conflit de travail, l’entrepreneur devait embaucher d’autre personnel sans quoi il ne serait pas payé.

Célébrons la Journée internationale des travailleurs et des travailleuses

À l’occasion de la Journée internationale des travailleurs et des travailleuses, exigeons du gouvernement qu’il rende des comptes et adopte dès maintenant une loi anti-briseurs de grève pour protéger les droits démocratiques des travailleuses et des travailleurs, créer des milieux de travail plus sécuritaires et réduire la durée des conflits de travail.

Vous pouvez aussi participer à une activité de la Journée internationale des travailleurs et des travailleuses près de chez vous, à distance ou en mode hybride. Nous avons aussi bien hâte de vous voir à la prochaine activité nationale de l’AFPC, « Les grèves remportées durant la pandémie », qui se tiendra le 17 mai.