Le SESJ publie une étude novatrice soulignant le besoin pressant de soutenir les agent-e-s de programmes correctionnels et de renforcer la réhabilitation dans le système correctionnel canadien

Le Syndicat des employés de la sécurité et de la justice a lancé le mercredi 25 mars 2026 une étude novatrice, commandée de manière indépendante, sur les expériences et les points de vue des agent-e-s de programmes correctionnels fédéraux.

Le SESJ a commandé cette étude en 2023 dans le cadre d’un partenariat avec la Memorial University, et les résultats de l’équipe universitaire ont été communiqués au SESJ à la fin de l’année dernière.

Afin de diffuser largement les résultats de cette étude, le SESJ a organisé une conférence de presse nationale sur la Colline du Parlement le mercredi 25 mars, conférence qui a été diffusée en direct sur la chaîne CPAC (Canadian Public Affairs Channel) et retransmise par tous les principaux médias couvrant les affaires parlementaires. Y ont participé : 

  • David Neufeld, président national du SESJ;
  • Patrick Menard, vice-président régional; et 
  • Dre Rosemary Ricciardelli, titulaire de la Chaire de recherche en sécurité et bien-être de la Memorial University

Avant ce lancement, le président national du SESJ, David Neufeld, a saisi l’occasion de présenter les principales conclusions et recommandations : 

  • au cabinet du ministre fédéral de la Sécurité publique du Canada, l’honorable Gary Anandasangaree, y compris à un conseiller principal en matière de politiques
  • au secrétaire parlementaire à la Sécurité publique, Jacques Ramsay, député de La Prairie—Atateken; et
  • au commissaire du Service correctionnel du Canada nouvellement nommé, Talal Dakalbab.

Le président Neufeld s’est particulièrement réjoui de présenter le rapport et les recommandations au commissaire Dakalbab lors de sa première journée en tant que commissaire, le lundi 23 mars – avec le soutien de la chercheure principale du rapport, la Dre Rose Ricciardelli. M. Neufeld a été encouragé par le vif intérêt manifesté par M. Dakalbab à l’égard des témoignages directs des hauts dirigeants du SESJ et des spécialistes en recherche concernant les expériences des membres de première ligne, y compris ceux et celles chargés de fournir des programmes de réhabilitation essentiels aux délinquants fédéraux au sein du Service correctionnel.

L’intérêt du nouveau commissaire arrive à point nommé, compte tenu des graves préoccupations du SESJ concernant les éventuelles répercussions négatives des coupes annoncées plus tôt cette année par le Service correctionnel – dans le cadre de l’examen complet des dépenses – coupes qui réduiraient le nombre d’agent-e-s de programmes correctionnels et de personnel de soutien connexe.

« En fin de compte, si le gouvernement du Canada est véritablement déterminé à assurer la réhabilitation des délinquants sous responsabilité fédérale, nous devons soutenir les personnes chargées de mettre en œuvre ces programmes », a déclaré David Neufeld, président national du Syndicat des employés de la sécurité et de la justice.

« C’est pourquoi nous demandons au Service correctionnel du Canada de suspendre ses projets visant à mettre en place de soi-disant mesures d’efficacité – et de ne pas procéder à la réduction proposée du nombre d’agent-e-s de programmes correctionnels. Si ces coupes sont effectuées, elles pourraient avoir de graves répercussions à long terme sur la sécurité publique. Elles risquent d’affecter l’accès des délinquants sous responsabilité fédérale à des programmes clés visant à réduire la récidive – ainsi que la nature même de ces programmes », a indiqué le président Neufeld.

LE SESJ a également organisé des séances d’information en personne avant la publication du rapport avec trois autres députés siégeant au Comité de la sécurité publique de la Chambre des communes, notamment : 

  • Rhonda Kirland, députée (PCC) d’Oshawa, en Ontario; 
  • Dane Lloyd, député (PCC) de Parkland, en Alberta; et
  • Ali Ehsassi, député (PLC) de Willowdale, en Ontario.

Le président Neufeld a également pu assister à une réunion ordinaire du Comité de la sécurité publique de la Chambre des communes, au cours de laquelle le ministre de la Sécurité publique, les sous-commissaires du Service correctionnel du Canada et de la GRC ont témoigné, ainsi que des hauts responsables de la Commission des libérations conditionnelles du Canada et de l’Agence des services frontaliers du Canada, qui ont présenté aux députés certaines initiatives clés.

Le rapport de recherche du SESJ, intitulé Agents et agentes de programmes correctionnels : bien-être, sécurité et responsabilité de la réhabilitation, s’appuie sur des entretiens menés auprès de plus d’une centaine d’agents et d’agentes de programmes correctionnels d’un bout à l’autre du pays. 

Ce rapport fournit la première évaluation exhaustive des réalités du milieu de travail auxquelles sont confrontés les professionnels chargés de mettre en œuvre les programmes de réhabilitation dans les établissements fédéraux et au sein des communautés.

L’étude a été menée par une éminente chercheure canadienne en sécurité publique, la Dre Rosemary Ricciardelli (Memorial University of Newfoundland), qui, pour mener à bien cette étude, a collaboré avec le Dr Mark Norman (Saint Francis Xavier University), Micheal Taylor (Memorial University of Newfoundland) et la Dre Christine Genest (Université de Montréal).

La recherche met en évidence plusieurs enjeux majeurs qui affectent les expériences et le bien-être des agent-e-s de programmes correctionnels ainsi que l’efficacité des programmes de réhabilitation. Parmi les principales préoccupations, citons : 

  • un stress lié à une charge de travail extrêmement lourde;
  • une marge de manœuvre très limitée en classe pour adapter le contenu des programmes afin de mieux répondre aux besoins des délinquants;
  • une préoccupation pour l’achèvement des programmes plutôt que pour leur qualité;
  • une exposition prolongée à des facteurs de stress tant opérationnels qu’organisationnels qui ont un impact négatif sur la santé mentale et le bien-être;
  • un manque criant de soutiens adéquats en santé mentale et tenant compte des traumatismes, compte tenu des interactions continues avec des délinquants fédéraux ayant des antécédents criminels graves.

Fondamentalement, les agents et agentes de programmes correctionnels ont pour mandat de faciliter des expériences de réhabilitation positives pour les personnes purgeant des peines fédérales. Malgré la nature cruciale de ce travail, très peu de Canadiens connaissent l’existence de ces professionnels. 

Dans le rapport de la docteure Ricciardelli, les agent-e-s de programmes correctionnels, ou APC, ont été décrits comme les « fantômes de la réhabilitation », dont les expériences, le bien-être et les réalités professionnelles ont rarement été étudiés ou discutés publiquement.

Le SESJ demande au gouvernement fédéral de cesser d’envisager toute réduction des effectifs jusqu’à ce que les résultats de la recherche aient été examinés et pris en compte. En outre, le SESJ exhorte le Service correctionnel du Canada à :

  1. Reconnaître le rôle essentiel que jouent les agent-e-s de programmes correctionnels dans la réhabilitation et la sécurité publique;
  2. Veiller à ce que les effectifs et les charges de travail permettent une mise en œuvre efficace des programmes, en mettant l’accent sur la qualité plutôt que sur la quantité;
  3. Donner aux agent-e-s de programmes correctionnels les moyens de développer des programmes adaptés aux besoins des délinquants en salle de classe;
  4. Améliorer la formation, le mentorat et les possibilités de perfectionnement professionnel; et
  5. Mettre en place des soutiens spécialisés en santé mentale, tenant compte des traumatismes, pour ces membres essentiels du personnel fédéral chargé de la sécurité publique.

Le SESJ s’est entretenu avec plusieurs médias après le lancement médiatique et prévoit de continuer à dialoguer avec le gouvernement du Canada, le Service correctionnel du Canada et les députés de tous les partis sur la nature cruciale du travail accompli par les agents et les agentes de programmes correctionnels, ainsi que par d’autres membres du personnel fédéral de la sécurité publique au sein du Service correctionnel et ailleurs. 

Pour plus d’informations : 

Lire le communiqué de presse du SESJ sur la publication du rapport

Regarder la conférence de presse nationale du SESJ