Annie Blanchette, vice-présidente régionale pour le Québec (GRC–Justice–SPPC–SCC–CLCC), et Patrick Ménard, vice-président régional pour le Québec (SCC), ont comparu devant le Comité permanent de la sécurité publique et de la sécurité nationale de la Chambre des communes, le lundi 2 novembre.
Le Comité s’est penché sur le processus d’approbation de la mise en liberté sous condition des délinquants sous responsabilité fédérale, ainsi que sur les modalités d’information des victimes.
Mme Blanchette et M. Ménard ont souligné le rôle crucial que jouent les membres du SESJ dans la planification correctionnelle, les programmes et la préparation à une éventuelle mise en liberté sous condition.
Mme Blanchette et M. Ménard ont également profité de l’occasion pour mettre en lumière les fortes pressions auxquelles sont souvent confrontés les membres du SESJ au sein du système correctionnel fédéral. Ces pressions découlent, entre autres, d’un manque chronique de ressources, d’une charge de travail constamment élevée, d’une lourdeur administrative excessive et d’un accès insuffisant aux services essentiels de santé mentale et aux ressources communautaires sur lesquelles les délinquants doivent pouvoir compter.
Les députés siégeant au Comité ont posé plusieurs questions aux vice-présidents régionaux du SESJ et ont remercié le syndicat pour ses éclairages pertinents sur certains aspects du système correctionnel, notamment en ce qui a trait à la préparation des délinquants fédéraux à leur mise en liberté. Cela inclut le rôle inestimable que joue le personnel des programmes correctionnels, tant au sein des pénitenciers fédéraux que dans la collectivité, pour soutenir les délinquants dans leur réinsertion, ainsi que les efforts considérables déployés par les agents de libération conditionnelle fédéraux, qui assurent le suivi et la surveillance des délinquants tout au long de leur parcours correctionnel.
Le SESJ est extrêmement fière de l’immense travail accompli par ses membres au sein du Service correctionnel du Canada. Elle saisit avec enthousiasme l’occasion de mettre en lumière le rôle qu’ils jouent, jour après jour, pour assurer la sécurité des Canadiennes et des Canadiens, d’un océan à l’autre.
Le SESJ se réjouit de pouvoir organiser, pour les parlementaires de toutes allégeances politiques, des visites sur place dans des établissements fédéraux, notamment des pénitenciers et des bureaux de libération conditionnelle, ainsi qu’auprès de la GRC et d’autres organismes fédéraux voués à la sécurité publique.
Pour en savoir plus sur le rôle du SESJ dans la promotion de la sécurité publique au profit de l’ensemble de la population canadienne, veuillez consulter le site onvousprotege.ca
Déclaration écrite
Pour ceux qui souhaitent suivre, nous communiquons la version écrite des présentations faites par les VPRs Annie Blanchette et Patrick Ménard devant le comité PSPN. Vous trouverez le texte ci-dessous.
Annie Blanchette
Bonjour, membres du Comité.
Je m’appelle Annie Blanchette et je suis la vice-présidente régionale du Syndicat des employé-e-s de la sécurité et de la justice pour les départements de la GRC, Justice & SPPC, la CLCC et le SCC du côté de la collectivité pour la région du Québec.
Je suis agente de libération conditionnelle au bureau de libération conditionnelle en communauté au bureau de Ville-Marie à Montréal, et je détiens toujours un poste à ce jour.
Je suis impliquée dans le mouvement syndical, soit à partir de 2017, afin de représenter les intérêts de mes collègues tout en contribuant à l’amélioration des conditions de travail afin de mieux servir le public.
Dans le cadre de nos fonctions, les agents de libération conditionnelle évaluent le risque, élaborent des recommandations et proposent les conditions de mise en liberté, en plus d’effectuer la surveillance des délinquants en libération conditionnelle.
Toutefois, la décision finale concernant l’octroi, le refus et la révocation d’une libération conditionnelle, relève de la Commission des libérations conditionnelles du Canada, qui agit comme décideur indépendant. Notre rôle consiste à fournir les évaluations et recommandations professionnelles qui éclairent ces décisions.
Patrick Ménard
Bonjour, membres du Comité.
Je m’appelle Patrick Ménard et je travaille auprès de la clientèle correctionnelle fédérale depuis 1998. J’ai intégré le Service correctionnel du Canada à titre d’agent de libération conditionnelle le 1er mars 1999.
J’ai travaillé au Centre régional de réception, à l’Établissement de Cowansville ainsi qu’à l’Établissement Archambault auprès de personnes incarcérées de tous les niveaux de sécurité. Les 4 premières années, j’ai principalement travaillé auprès de détenus associés aux gangs criminalisés et au crime organisé.
De 2004 à 2021, soit pendant 17 ans, j’ai oeuvré au Centre Régional de Santé Mentale (CRSM), un pénitencier à vocation psychiatrique. J’y ai élaboré des plans correctionnels et des plans d’intervention, formulé des recommandations relatives aux transfèrements, aux niveaux de sécurité et aux mises en liberté. Durant ma carrière, j’ai pris part à des centaines de processus décisionnels tout au long du parcours correctionnel, de l’admission des personnes incarcérées jusqu’à leur réinsertion dans la collectivité.
Sur le plan syndical, j’occupe les fonctions de vice-président régional du Syndicat des employé-e-s de la sécurité et de la justice pour la région du Québec depuis novembre 2021.
À propos du SESJ
Le Syndicat des employé-e-s de la sécurité et de la justice (SESJ) est un élément de la fonction publique fédérale qui représente un peu moins de 20 000 employé-e-s travaillant dans les domaines de la sécurité publique, de l’application de la loi, des services correctionnels et dans des secteurs connexes. Des milliers de membres du SESJ travaillent pour le Service correctionnel du Canada et la Gendarmerie royale du Canada. De nombreux autres sont employés par la Commission des libérations conditionnelles du Canada, Sécurité publique Canada, ainsi que d’autres services et organismes relevant de Sécurité publique Canada et de Justice Canada.
Le SESJ compte parmi ses membres des milliers d’agent-e-s de la sécurité publique de première ligne en civil qui jouent un rôle essentiel dans les fonctions d’administration, de prestation des programmes, de gestion des cas, de supervision et de surveillance au sein du Service correctionnel du Canada.
Réalités des conditions
Nous sommes ici aujourd’hui afin de presser les conditions de travail des employés à la gestion de cas. Les charges de travail augmentent continuellement et les demandes administratives de la part de la gestion ne cessent de croître, sans qu’aucun ajustement ne soit apporté à la charge de travail ou aux effectifs. Cette situation a un impact direct sur la santé mentale des agents de libération conditionnelle, qui sont surchargés et peinent à accomplir leur travail comme il se doit.
Cette surcharge nuit à la qualité du suivi des dossiers et compromet à la fois la sécurité du personnel et celle du public. Plus un agent de libération conditionnelle a de dossiers à sa charge, moins il est en mesure d’approfondir chaque situation et plus le risque d’échapper des éléments importants augmente.
Les ratios entre les agents de libération conditionnelle et les délinquants sont loin d’être respectés. Dans les Centres correctionnelles communautaires, le ratio est d’un agent pour 13 délinquants, une réalité qui est devenue ingérable. De plus, les centres accueillent un nombre important de délinquants dangereux, ce qui accroît encore davantage la pression sur les employés. Ces postes sont souvent occupés par de jeunes employés qui se retrouvent rapidement épuisés dès le début de leur carrière, alors même que les compressions budgétaires se poursuivent.
Nous cumulons de nombreuses années d’expérience et avons été témoins d’une diminution constante des ressources au fil du temps. Les conditions pour référer une personne vers des services de santé mentale sont très difficiles, alors que les besoins sont grandissants. Les employés doivent composer avec une surcharge de travail, un manque d’embauches ainsi qu’un accès limité aux ressources thérapeutiques et médicales. Ces défis constituent des obstacles importants à notre capacité d’assurer la sécurité du public et celle des membres du personnel en établissement.
La réalité correctionnelle exige une compréhension claire de ces enjeux. Sans ressources adéquates, sans effectifs suffisants et sans soutien approprié en matière de santé mentale, il devient de plus en plus difficile d’assurer efficacement notre mandat de réinsertion sociale tout en soutenant la sécurité du public et du personnel.
